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étude de faisabilité

Quel impact sur la santé au travail ?

 

Les questions cruciales de cette étape

  • Les objectifs de performance globale du programme incluent-ils la santé au travail ?
  • Le programme est-il assez détaillé pour lancer la consultation auprès du maître d’œuvre chargé de la phase de conception ?
  • Quelles sont les bases contractuelles du projet ?

Ils décident

  • Le maître d’ouvrage public ou privé

Ils aident

  • L’assistant au maître d’ouvrage
  • Les bureaux d’études
  • Les ergonomes
  • La Carsat, la CNRACL
  • Les outils méthodologiques

Le choix du terrain : accessibilité du site, topographie, superficie, possibilité d’évolution…

Le montage et les acteurs du projet : ils déterminent la manière dont les questions de santé au travail vont être portées. Une délégation trop forte ou un manque d’espaces de dialogue ont des conséquences, à terme, sur la santé. Le recours à un ergonome est conseillé dès cette étape.

Le temps consacré à cette étape : une étude de faisabilité menée dans l’urgence risque de laisser de côté les questions de santé.

Le plan départemental : pour limiter les impacts sur la santé — par exemple, un site en sous-charge ou en surcharge, un compactage élevé des matières —, vérifier la cohérence du plan départemental avec le centre de tri.

L’enveloppe financière : si elle est bien dimensionnée, elle permettra de faire face aux inévitables aléas.

Les critères d’évaluation : le montant de l’investissement, le coût à la tonne ne doivent pas être les seuls indicateurs ! Ils ne tiennent pas compte du coût réel pour les équipements comme pour les personnels.

Des données économiquement fiables : s’assurer de la qualité des sources permet de disposer d’une vision plus objective.

Un poste ou deux postes : de ce choix découlent des contraintes de transports, de vie de famille, d’horaires pour les trieurs.

Le strict respect de la loi ou l’exemplarité : définir jusqu’où on souhaite aller en termes d’exemplarité.

Le maintien de l’activité pendant les travaux : cela crée du risque et limite les choix de conception. La coactivité n’est pas forcément la meilleure solution.

 

COMMENT AGIR ?

 

ORGANISER LE PROJET

Agissez sur le montage du projet

  • Privilégier les montages favorisant les échanges entre les acteurs et la mise en dynamique de leurs compétences ; analyser les jeux d’acteurs et mettre en place des outils permettant de renforcer le sens du dialogue MOA/MOE.
  • Imaginer des modalités de marché en cohérence avec les objectifs, et permettant le dialogue entre la conception des installations et leur exploitation (par exemple, le dialogue compétitif).
  • Se poser la question d’un arrêt de la production durant la période de travaux pour limiter les effets de cette phase transitoire sur les conditions de travail. Gérer cette phase transitoire comme une étape sans que cela ne détermine des contraintes pour les années à venir (par exemple : sortir des positions dogmatiques  »pas d’externalisation du tri »).

Favorisez les relations entre les acteurs du projet

  • Intégrer des temps de régulation dans le montage financier du projet, pour permettre aux acteurs de gérer les situations. Par exemple, des réunions sur bordereaux donnent de la souplesse et améliorent les relations entre les acteurs.
  • Dans la construction financière, dédier une enveloppe « étude et simulation, temps de dialogue et de coordination, ajustement ».
  • Positionner le travail futur des trieurs dans le débat : planifier tout au long du projet des temps de rencontre autour de situations de tri réelles entre décideurs, concepteurs et producteurs afin d’enrichir les orientations objectives du projet.

AIDER A LA PRISE DE DECISION

Accompagnez la Moa dans l’identification des grands enjeux

  • Identifier les indicateurs pertinents pour choisir le process : en tonne par heure, en débit, mais aussi en nombre de postes nécessaires. Tenir compte ici de l’exploitabilité de l’installation (accès aux équipements, par exemple) et de l’évolutivité du site (prise en compte des espaces résiduels, des postes de tri supplémentaires, des possibilités de changement de technologie sans revoir les implantations ou le bâtiment).
  • Faire appel à un conseil technique dans la prise de décision : les partenaires de la filière peuvent y aider. Se poser les bonnes questions au regard du territoire : a-t-on interrogé les partenaires de la filière, dans les domaines économiques, environnementaux et sociaux ?
  • Intégrer la question de l’élargissement des consignes de tri.

Outillez la Moa pour l’assister dans la compréhension du projet

  • Dessiner un plan de circulation quadrillé : celui-ci contribue à donner une idée du fonctionnement futur avec une représentation des opérateurs. Cette étape est essentielle pour déterminer les besoins surfaciques et donc l’estimation financière adaptée au projet.
  • Le choix d’une organisation en un ou deux postes doit être argumenté pour sortir des modèles avec une projection à court terme (équilibre entre l’investissement initial et les coûts d’exploitation sont à projeter sur plusieurs années). Cela nécessite une comparaison plus fine.

Définissez une matrice décisionnelle qui tienne compte de tous les enjeux

  • Sur le montage financier : l’enveloppe est-elle bonne ? A-t-on pris en compte les cadences de tri ? Intègre-t-elle des marges (poste supplémentaire, possibilité d’intégrer des réglages individuels sur le poste) dans le choix de la cabine ?
  • Sur la maîtrise des process : quel outil de gestion adapté en fonction de la taille du centre de tri ?
  • Sur les limites techniques : dans les différentes options possibles, quelles seront les limites techniques du projet ?
  • Sur les ressources humaines : quels sont les impacts sociaux en termes d’emploi, de besoins de compétences nouvelles ?
  • Sur les conditions de travail : avez-vous repéré et pris en compte les enjeux majeurs de santé au travail dans les métiers du tri ?

OUTILLER LE PROJET

Imaginez les futures conditions de travail : anticiper le travail des personnels

  • Prévoir une enveloppe financière (passerelles, escalier, moyens de levage…) pour l’accessibilité de l’installation et des équipements afin de faciliter les activités de surveillance, de conduite, de maintenance.
  • Organiser un retour d’expérience sur les différents outils (régulateur de couche, outil de dépoussiérage et d’aspiration, centrale de nettoyage, d’ouverture des sacs, la caractérisation, décartonneur, prise en compte de la réglementation incendie…).
  • Penser à l’évolutivité du site : stock amont, place disponible sur le site… la réflexion est à intégrer dès cette étape.
  • Identifier des points de repères pour la prévention de la santé et de la sécurité au travail (nombre de postes, nombre d’actions techniques…)

Utilisez un outil de simulation fiable, en évitant les évaluations trop optimistes

  • Mieux vaut abandonner un projet qui présente des fragilités financières, plutôt que de réaliser un projet à partir d’une évaluation financière volontairement basse.
  • Développer un outil de simulation qui permette :
    • de croiser les données sur le gisement, la matière, les caractéristiques de la machine,
    • de partager des hypothèses de travail : rapport entre le gisement et le nombre d’actions techniques par heure doivent être cohérente avec les normes en vigueur (X35-702) pour les objets complexes (1 250/h, selon les conditions de mise en oeuvre) et pour les objets simples (1 750/h, selon les conditions de mise en oeuvre), nombre de postes de réserve, épaisseur du gisement sur la table, vitesse du tapis et distance entre l’entrée de cabine et le poste de tri, problématique de la charge mentale…
    • de définir le bilan matière : au-delà de combien de tonnes par table, les conditions de travail ne sont plus acceptables (à définir selon le gisement et les produits),
    • de définir le coût d’un tapis supplémentaire en intégrant tous les coûts : 100 K€ pour le tapis et la cabine, prendre en compte également le coût de la main d’œuvre.
  • Donner un prix global qui soit cohérent.

Accompagnez l’évaluation des coûts

  • Nécessité de se rapprocher au mieux des coûts réels. Par exemple, intégrer une évaluation de l’absentéisme (réglementaire – congés – et attendue – du fait des difficultés de la profession). Ainsi, chaque poste est à multiplier par 1,1 pour tenir compte d’une évaluation fine de l’absentéisme (exemple : pour dix postes, il faut donc compter douze trieurs).
  • Tenir compte des recettes possibles et de leurs aléas, selon différents scénarios. Il faut éviter les évaluations trop optimistes sur les annonces de rachat de matière et éviter d’imposer des standards de tri inaccessibles (récupération à 96% d’une matière, par exemple).
  • Réaliser des études de sol ou appréhender les contraints géotechniques à partir des constructions alentours, elles sont déterminantes pour déterminer les coûts de construction. Ceux-ci peuvent être abordés selon plusieurs hypothèses.

Construisez un business plan : avec une approche globale des différents coûts (investissement, financement, coûts d’exploitation, Gros Entretien et Renouvellement)

  • Elaborer plusieurs scénarios d’amortissement, tant pour les équipements que pour les prévisions de coûts liés à la santé.
  • Considérer qu’un centre continue à être exploité après quatre ans : quel amortissement du bâtiment sur 20 ans ?
  • Intégrer les coûts des maladies, risques et santé au travail.
  • Prévoir les coûts liés à l’accompagnement du changement, notamment au niveau des équipes : les trieurs peuvent être inquiets face aux évolutions.
  • Aider les gestionnaires à évaluer les coûts de formation, absentéisme, maladie professionnelle.
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