Ils témoignent

Christian Desportes,
directeur de centre de tri

« Ce métier est dur, il abime les personnes. En tant que directeur, j’ai voulu accompagner les équipes en leur offrant des conditions de travail lire la suite
plus agréables : salle de repos, présence d’un psychologue, d’un kiné, fruits et croissants à disposition…Mais le vrai problème vient des cadences. La productivité repose sur les trieurs, qui doivent effectuer trois mille gestes par heure. Il faut réduire le nombre de gestes et cela passe par la mécanisation. Cependant, l’équation est complexe : assurer la rentabilité, préserver les salariés, proposer un service de qualité, rester compétitif… c’est par le dialogue avec les acteurs que nous ferons évoluer ce métier. »

Luc Michard,
ingénieur en bureau d’études

« Les questions de santé au travail font appel à des sciences dites molles, avec lesquelles les ingénieurs ne sont pas toujours à l’aise ! Jusqu’à maintenant, la sécurité a prévalu dans nos réflexions lire la suite
face aux risques machines ou engins. Aujourd’hui, nous militons pour que la santé au travail soit mieux prise en compte dès la conception des sites. Cela demande de la concertation, de l’échange, de la sensibilisation. Idéalement, les marchés de maîtrise d’œuvre et de construction, classiquement forfaitaires, devraient inclure une part de prix unitaires permettant d’activer une démarche concertée, que nous savons déterminante. Le conseil est toujours moins cher que les coûts engendrés par des décisions trop hâtives… »

Fanta Benoit,
trieuse

« Quand on est sur la chaîne de tri, les gestes sont répétitifs et les cadences élevées. Il faut aller chercher loin les déchets, rester debout longtemps, avec un tapis qui va très vite. lire la suite
Depuis plusieurs années, j’ai mal à l’épaule, aux cervicales. J’ai envie de bien faire mon travail, mais c’est épuisant. La poussière est partout et pique les yeux. Le bruit des machines est pénible. L’été, il fait très chaud, et froid l’hiver. C’est un métier très dur. Heureusement, entre nous, il y a une bonne ambiance. »

Eric Fromont,
directeur de projet Eco-Emballages

« Offrir de bonnes conditions de travail, c’est la garantie d’une activité viable à long terme.
L’image de marque des métiers du recyclagelire la suite
est également en jeu. Notre rôle, en tant qu’éco-organisme, est de promouvoir le tri et le recyclage selon les principes du développement durable, qui inclut les dimensions sociales et sociétales. Depuis 2000, Eco-Emballages s’implique dans la problématique de la santé des trieurs, en participant aux groupes de travail de l’Assurance Maladie Risques Professionnels. Nous collaborons avec les collectivités et les exploitants, et les avertissons des risques liés aux TMS en cabine de tri et aux accidents. Depuis la mise en place du nouvel agrément, en 2011, des indicateurs d’accidentologie sont désormais pris en compte dans nos contrats et dans nos règles de financement. »

Patrick Cholat,
vice-président du Pays Voironnais

« L’amélioration de la santé des équipes de notre centre de tri manuel est au cœur de nos priorités. En visitant des sites mécanisés,  lire la suite
nous avons constaté que les conditions de travail étaient, au mieux égales, voire pires. L’investissement et la mécanisation ne sont pas des remèdes miracle.Nous avons donc monté un groupe de travail pluri-compétent incluant la Carsat et l’INRS pour réfléchir aux améliorations. Elles sont de trois ordres : d’abord, la qualité des déchets entrants, qui nécessite la sensibilisation des usagers et l’implication des agents de collecte ; ensuite l’environnement de travail, la motivation des équipes, le sens de leur métier, l’ergonomie, la convivialité des locaux ; enfin la mécanisation utile, qui passe par des investissements ciblés. »
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