Les grands enjeux

Filière déchets : l’enjeu crucial de la santé

En à peine quinze ans, les industries spécialisées dans la valorisation des déchets sont passées d’un fonctionnement artisanal à de véritables process industriels. À l’avenir, ces installations et les métiers associés connaîtront encore de nombreuses évolutions, comme l’extension des consignes de tri (plus d’informations sur www.ecoemballages.fr). Elles répondront non seulement à des objectifs de qualité, de productivité et de sécurité, mais aussi à des enjeux de santé au travail. Mécanisé ou non, un centre de tri fonctionne d’abord avec des hommes.

La santé au travail dans les centres de tri

Pour les territoires qui les accueillent, la création d’emploi est une richesse à préserver durablement. Qu’entend-on par durable ? C’est bien sûr un travail économiquement viable, mais aussi socialement tenable, physiquement et mentalement. A long terme, investir dans la santé des personnels, c’est faire le choix de la performance.

Plusieurs facteurs influent fortement sur la santé des trieurs, population souvent précaire et fragilisée :

  • des cadences élevées, des horaires atypiques,
  • des gestes répétitifs et monotones, des postures prolongées
  • un poste de travail exigu, inconfortable ; un plan placé trop haut ou trop bas,
  • un manque de reconnaissance, d’autonomie, de sens donné au métier,
  • une ambiance de travail difficile : poussières, odeurs, bruit, température, éclairage, vibrations…

La santé se joue dès la conception

Les choix réalisés en amont de la conception d’un centre de tri impactent le fonctionnement des installations. Avec des conséquences directes sur la santé au travail : 

La collecte en sacs : les opérateurs sont souvent amenés à ouvrir les sacs et à étaler les déchets sur le tapis avant de les trier.

La qualité des déchets entrants : elle influe sur le nombre de gestes des trieurs et su les conditions globales de travail.

Les circuits de tournées : ils influent sur le compactage, dont la densité a des effets sur les trieurs.

La durée des marchés et les délégations de service public : elles limitent le champ d’actions sur le process ou sur les conditions de travail.

Les recommandations d’aménagement : elles constituent le minimum à prendre en compte (travail en cabine, maintenance et sécurité des équipements…).

L’automatisation : vitesse des tapis, stress, complexité de tri… elle peut aussi dégrader les conditions de travail des trieurs.

Le dimensionnement du centre de tri : l’évolution des gisements se répercute sur le travail des trieurs.

Intégrer la performance globale

La notion de performance globale, dans les centres de tri, repose sur trois facteurs :

Economique : la performance d’un centre de tri s’évalue en fonction du coût à la tonne triée et de la qualité du tri.
Environnementale : le tri des déchets limite le recours aux ressources naturelles. Il participe à une politique environnementale générale.
Sociale : les forces vives d’un centre de tri sont les hommes qui y travaillent. L’emploi créé par ce secteur n’est un atout pour le territoire que s’il préserve la santé des trieurs.Trop souvent, les dimensions économiques et environnementales prévalent dans les réflexions, au détriment du volet social — donc des questions de santé — qui est traité en dernier.

 

Une démarche participative et itérative

Plus le projet est engagé, plus vous en savez, et moins vous disposez de marges de manœuvre. Les toutes premières phases sont donc déterminantes et doivent être mises à profit. Le temps de la réflexion, de l’analyse est un investissement nécessaire pour que le projet soit qualitatif, performant et respectueux de la santé des futurs trieurs. Pour réussir ces étapes amont, vous pouvez :

Créer un groupe de travail

  • Elus et techniciens
  • Maître d’œuvre
  • Organismes de santé et de sécurité au travail
  • Confrères ayant mené des projets similaires, pour bénéficier d’un retour d’expérience
  • Trieurs, dans le cas d’une rénovation…

Vous inscrire dans une démarche itérative

A tout moment, vous vous autorisez à revenir sur des choix antérieurs. Cette démarche permet d’intégrer les propositions et remarques du groupe de travail. Elle enrichit considérablement le projet.

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